// filet de brume


L’atrapanielba a fait des petits
Les 350 habitants du village de Chungungo, dans le désert chilien d’Atacama, ont appris à attraper la brume.
Un atrapanielba (attrape-brume) est un filet de 4 mètres sur 12 qui, placé dans une région brumeuse et ventée, permet de récolter les gouttelettes de brume et de les faire ruisseler jusqu’à une gouttière, puis dans des bassins. Grâce à ce dispositif, l’approvisionnement en eau est passé de 15 litres à 40 litres par jour et par personne. Victime de son succès, l’opération a provoqué le doublement de la population pendant l’année et un quadruplement l’été.
La bonne nouvelle est que cette expérience a fait des petits et que plusieurs villages du Yemen, du Nepal, du Guatemala et du Chili ont adopté ce système. La 4ème conférence internationale sur l’eau de brume y aura d’ailleurs lieu en Juillet 2007.

Traiter l’eau comme une ressource limitée
L’eau a beau être une ressource qui se renouvelle, elle est inégalement répartie dans le monde, de plus en plus polluée, et consommée de manière excessive dans l’hémisphère Nord (un européen consomme en moyenne 250 litres d’eau par jour et par personne, un américain 600).
Les conséquences de la raréfaction de l’eau dans les pays en voie de développement sont dramatiques, et cela risque de devenir une source majeure de conflits (l’ONU a recensé 300 zones de conflit potentielles dans le monde).
Les solutions à grande échelle sont difficiles à trouver, tant pour extraire plus d’eau dans les pays déficitaires (sonder les eaux souterraines, construire des barrages ou dessaler l’eau de mer sont les pistes le plus souvent évoquées, mais elles sont très coûteuses et présentent, pour les 2 premières, des risques écologiques majeurs) que pour transporter l’eau depuis les pays excédentaires (ce qui rendrait les pays déficitaires encore plus dépendants).
Des solutions locales comme les attrape-brumes ont donc beau être des gouttes d’eau, elles sont bonnes à prendre.
Surtout, l’agriculture, qui absorbe 73% de l’eau douce utilisée dans le monde, représente un énorme gisement d’économies. Parmi les pistes les moins coûteuses : le remplacement des tourniquets métalliques (dont la moitié de l’eau s’évapore) par le goutte à goutte ou la construction de diguettes pour faire mieux pénétrer l’eau de pluie dans les zones arides.
De manière plus globale, il s’agit de ne plus considérer l’eau comme une ressource illimitée mais comme un bien précieux.


22 mars 2006 : Journée Mondiale de l’Eau
C’est aujourd’hui la Journée Mondiale de l’Eau. De simples gestes quotidiens permettent d’économiser l’eau. Nous ne vous donnons pas de leçon, mais vous laissons décider avec ces quelques chiffres :
- 1 bain (250 litres) = 5 douches (50 litres)
- Un robinet ouvert pendant 3 minutes = 12 bouteilles de 1,5 litres
- ¼ de notre consommation d’eau part dans les WC…
Pour soutenir les projets de construction de filets de brume, vous pouvez visiter le site de l’ONG canadienne Fog Quest (en anglais).
Photo 1 : FogQuest
Photo 2 : UNESCO
Sources :
- Le robinet d’eau de brume s’est tari, Angelina Montoya pour La Croix, 18 mars 2003
- Atlas mondial du développement durable, de Anne-Marie Saquet aux éditions Autrement, 2002
- 2025 : l’humanité est contrainte à partager l’eau, Gaëlle Dupont pour Le Monde, 21 janvier 2006
- Planète Attitude – Les gestes écologiques au quotidien, co-édition Seuil / WWF, 2004
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Je découvre cette technique avec étonnement, c’est vraiment génial ce que l’homme peut faire parfois…