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10.04.2006 // auteur : Léna // inventer un nouveau monde

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La VPC qui fait du bien

“Good Goods” est un catalogue de vente par correspondance où se côtoient le meilleur ami de vos voyages (un vêtement ultra-léger et multi-fonctionnel qui devient tour à tour robe, jupe, top et collant : StarckNaked), le meilleur ami de vos enfants (un ours en peluche à 4 têtes, favorisant l’imaginaire et l’attachement : TeddyBearBand), le meilleur ami des célibataires (un oreiller en angle, pour se sentir entouré la nuit) ou encore le meilleur ami des citadins sportifs (une gamme de K-ways modernes et élégants, idéale pour se rendre en rendez-vous d’affaires en vélo : Wet Elegance).

Réalisé par Philippe Starck pour La Redoute, il est défini par son concepteur comme un catalogue de « non objets pour des non consommateurs », destiné à faire réfléchir les lecteurs plus qu’à les faire acheter. Conséquence : lancé en 1998, il n’a vécu qu’une saison. La bonne nouvelle, c’est que les idées avant-gardistes que Philippe Starck y distillait offrent un potentiel de création presque inexploité : produits multi-fonctionnels, qui limitent le foisonnement et augmentent l’attachement ; produits hors mode, qui diminuent l’obsolescence ; produits poétiques, qui réenchantent le quotidien, etc.

Replacer l’objet au service du progrès

Le progrès humain se caractérise par la multiplication d’objets… qui nous rendent parfois esclaves, voire nous détruisent à petit feu en épuisant nos ressources. L’idée de Philippe Starck est ni plus ni moins de remettre l’objet au service du progrès.

Dit par Philippe Starck, avec son sens de la formule, cela donne : « Un jour, il y a quelques millions d’années, Madame Cromignonne et Monsieur Abominet tombèrent amoureux de leur progéniture. C’était assez nouveau. Madame voulait protéger sa descendance, Monsieur voulait l’améliorer. A eux deux - elle pragmatique, lui théorique et visité - ils inventèrent l’idée naïve du progrès dont l’un des principaux moyens d’expression passa par la création et la production d’outils censés nous apporter une vie meilleure et même du bonheur. Bien plus tard - c’est à dire aujourd’hui - on peut s’apercevoir que les jolies idées sont généralement les premières à dégénérer ». Et de conclure que si ce catalogue contribue à créer une nouvelle relation entre l’homme, la production et les objets, « Cromignonne et Abominet pourraient alors voir leurs rêves se réaliser, et nos enfants repartir - enfin - vers de nouvelles aventures ».

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Quelques good goods

Retrouvez l’intégralité du catalogue Good Goods sur le site de Philippe Starck.

La plupart des produits ne sont plus commercialisés. Parmi les plus précurseurs au point de vue environnemental, 3 marques, avec lesquelles Philippe Starck avait collaboré pour des éditions limitées, sont bien diffusées et donc facilement acsessibles : les lessives et produits d’entretien Ecover, les peintures Biofa et les cosmétiques Bioderma (voir la liste des points de vente sur chaque site).

Finalement, quels sont les « best goods » aujourd’hui ? Nous en voyons deux types : ceux qui se sont dématérialisés, c’est-à-dire qui se sont transformés en services (exemple : les machines à laver le linge qui se sont transformées en laveries collectives et conviviales, au rez-de-chaussée des immeubles)… et ceux que l’on n’achète pas, parce que finalement on a une bien meilleure idée (exemple : et si je repeignais ma table en rose plutôt que d’en racheter une ?). Qu’en pensez-vous ?

 

Photos : StarckNetwork
1) couverture du catalogue Good Goods
2) TeddyBearBand by Starck

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4 commentaires :

Laissé par Matthieu
le 10 avril 2006 à 18:43

Ce catalogue à destination du grand public était une excellente idée, parce qu’il a permi de diffuser une autre idée de la consommation. Cependant, comme pour son concept de maison en bois, Starck n’a pas suscité l’engouement commercial certainement escompté notamment par La Redoute. Il y a quelque part une logique: les non-consommateurs consomment peu.

Laissé par Léna
le 10 avril 2006 à 19:58

Matthieu > Il y a pourtant des vrais modèles économiques gagnants derrière la recherche d’objets “bons”. Le meilleur exemple est celui des objets qui n’existent plus, remplacés par des services. Ce changement stratégique peut devenir un vrai facteur de différenciation pour les entreprises. Exemple : pour ses clients routiers, Michelin est passé du métier de vendeur de pneus à celui de vendeur de kilomètres parcourus (sans souci de pneu). Le client, déchargé de cette gestion, est content, Michelin fait payer du service et l’environnement le remercie pour les pneus ainsi économisés !

A tous les lecteurs > Vous avez d’autres exemples ? N’hésitez pas à nous le faire savoir. Nous préparons une good-news sur ce thème pour bientôt !

Laissé par Matthieu
le 16 avril 2006 à 11:06

Léna > Tout-à-fait en phase sur la possibilité de rechercher des modèles économiques gagnants derrière la recherche d’objet “bons”. On remplace progressivement l’attention centré par un produit par l’attention sur les services. Différenciation pour l’entreprise et même création de lien commercial/social potentiel, susceptible d’améliorer bonheur et bien-être partagé. L’environnement et l’être humain sont gagnants sur tout la ligne.

Laissé par Joseph
le 18 octobre 2006 à 21:18

La maison de Philippe Starck pour les 3 Suisses est-elle encore diffusée ?
Si oui, par qui ?

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