// pierre rabhi

7.04.2006 // auteur : Léna // inventer un nouveau monde // prendre soin de soi

sessiondeformationburkina.jpg

Cent mille paysans indépendants au Burkina Faso

En vingt ans, sur les terres érodées du Burkina Faso, cent mille paysans ont retrouvé leur autonomie alimentaire et financière grâce à la pratique de l’agro-écologie.

Cette agriculture est basée sur un profond respect de la terre, source de vie, et sur son enrichissement par l’humus, fertilisant organique. Elle utilise des techniques optimisées pour tirer toutes les richesses d’un milieu donné. Ces techniques, à l’efficacité scientifiquement prouvée, ont été mises en œuvre et diffusées par Pierre Rabhi.

Lui-même enfant du désert, Pierre Rabhi a planté ses racines dans une ferme ardéchoise, où lui et sa femme ont développé en autodidactes la pratique de l’agro-écologie. Fort de cette expérience fructueuse, il diffuse son savoir, son savoir-faire et sa philosophie de la vie à travers le monde, et plus particulièrement en Afrique.

C’est en 1981 qu’il effectue sa première visite au Burkina Faso, « le pays des hommes intègres », à la demande du gouvernement. Après avoir partagé son expérience et reçu le soutien de 900 paysans, il fonde en 1985 le centre de formation de Gorom Gorom, qui diffuse depuis les techniques de l’agro-écologie.

Demain, c’est aujourd’hui

Alors que l’agriculture intensive, qui augmente le rendement en appauvrissant les sols, est basée sur une vision à court terme, Pierre Rabhi propose aux paysans africains de se nourrir en régénérant leur terre, en restaurant le métabolisme des sols.

Le rythme des cultures passe de la saccade, où chaque saison est un recommencement sur une terre sans cesse appauvrie et érodée, au cycle, où chaque saison s’enrichit de la précédente.

Renouvellement des ressources : l’exemple du bois

FSC.jpgComme la terre, toutes les ressources que nous exploitons doivent avoir le temps de se renouveler. Exemple : l’exploitation du bois pour fabriquer papier, meubles, parquets, etc, contribue souvent à détruire les forêts. Pour endiguer ce problème, un label a été créé, qui garantit que les forêts sont gérées de manière à ce qu’elles se renouvellent. Il s’agit du label FSC (Forest Stewardship Council). Liste des points de vente et des bois à proscrire (notamment notre cher teck) sur le site de Greenpeace.

dusaharaauxcevennes.jpgPour en savoir plus sur Pierre Rabhi et l’agro-écologie, nous vous invitons à redécouvrir son premier livre, Du Sahara aux Cévennes ou, sur la question du Burkina Faso, L’offrande au crépuscule. Même les plus récalcitrants seront, comme Yehudi Menuhin, charmés par « cet homme très simplement sain, d’un esprit net et clair, dont la beauté poétique du langage révèle une ardente passion ».

Et pour tous ceux désireux d’apprendre la pratique de l’agro-écologie, l’association de Pierre Rabhi propose de nombreux stages (rubrique Actualités).

Photo : Terre et Humanisme 

Adresse Trackback de cet article :
http://www.good-news.fr/2006/semerveiller/pierre-rabhi/trackback/

 

9 commentaires :

Laissé par Béatrice
le 7 avril 2006 à 7:38

J’ai lu le livre…la découverte du personnage est exceptionnelle et cette pratique de l’agriculture très intéressante. Pierre Rabhi nous ouvre une fenêtre oubliée et fermée depuis bien longtemps. Il faudrait vraiment appliqué et développer ce concept et le faire connaître encore plus……

Laissé par Telap
le 7 avril 2006 à 8:37

Pierre Rabhi est un humain exceptionnel, merci de le rappeler. Et il a beaucoup de “disciples” au Sahel, les expériences se multiplient.
Chaque visite sur ce site est une bouffée d’air frais, merci!

Laissé par Léna
le 7 avril 2006 à 9:18

Telap > Tu as raison, Rabhi rayonne bien au-delà du Burkina Faso, notamment au Mali, au Niger et au Maroc. Terre et Humanisme propose d’ailleurs régulièrement des séminaires dans ces communautés. Le prochain aura lieu fin Mai au Maroc. Des vacances revigorantes en perspective !

Béatrice > En effet, l’agro-écologie est encore trop peu appliquée dans le monde alors que les enjeux sont énormes, tant sur le plan humain (famines au Sud, désertion des paysans au Nord) qu’environnemental (l’agriculture intensive est l’activité humaine la plus polluante). En tant que consommateurs, nous avons notre rôle à jouer pour faire changer les choses. Comme le dit Philippe Desbrosses, Président de la Commission nationale du label Bio, “l’acte de manger est un acte éminemment politique”. Si les surfaces dédiées à l’agriculture biologique doublaient en France, les économies d’échelle feraient baisser les prix et les rapprocheraient de ceux de l’agriculture intensive, très subventionnée. Ce serait le début d’un cercle vertueux où la baisse des prix entrainerait une hausse de la demande, qui commencerait à faire contre-poids face aux lobbys agricoles…

Laissé par Mike
le 7 avril 2006 à 11:53

je sais pas si vous savez, mais Pierre Rabhi est un homme génial… ses idées sont très arrêtées sur les questions de “développement durable”, et même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui sur la question de décroissance soutenable, on ne peut que saluer là son art et la pertinence de sa démarche…

je vous invite à lire ses autres livres qui sont magnifiques !!

Laissé par Léna
le 7 avril 2006 à 16:03

Mike > Je ne peux pour ma part que comprendre Pierre Rabhi quand il parle de décroissance soutenable. Il est l’exemple vivant d’un retour volontaire à la simplicité, et j’aimerais pouvoir en faire autant. Seulement voilà, une chose nous différencie : alors que Pierre Rabhi est né dans la simplicité, nous sommes nés dans l’opulence d’un pays moderne et le chemin à parcourir pour s’en détourner est long et difficile à accepter. Le développement durable me semble donc être la seule issue, mais rien ne nous empêche d’y immiscer ce que Pierre Rabhi appelle “l’enchantement”, cette capacité à nous laisser porter par la poésie des choses, simplement et viscéralement.

Laissé par Telap
le 10 avril 2006 à 8:57

Je me permet de vous conseiller du coup la lecture de “Touareg du XXIe siècle” de Issouf ad Maha, disciple et ami de Pierre Rabhi, prince Touareg (il a un beau chameau blanc), docteur en phytobiologie, et initiateur et gestionnaire d’une expérience de village agricole bio en milieu désertique au Niger à Agharous (dans le massif de l’Aïr). Il se trouve que j’y ai été, et que ça donne foi en l’homme.

Laissé par Léna
le 10 avril 2006 à 20:04

Telap > Savez-vous où l’on peut se procurer ce livre ? Merci !

Laissé par Claude Drocourt
le 30 avril 2006 à 17:59

Bravo pour votre regard volontairement positif ! En constatant comment le monde va à vau-l’eau, chacun y va de son amertume et de son désespoir, jusqu’à ce que certains même souhaitent la disparition rapide de l’homme !
Je crois que dans ce pessimisme à la mode, sorte d’auto flagellation morbide, il y a qq. chose qui n’est pas juste. Malgré la dévastation que l’homme provoque, je ne peux me résoudre à croire que l’intelligence de l’homme ne puisse pas, un jour, servir à la défense de la vie. Il nous manque du recul pour juger globalement. Je crois que même les médias au service du pouvoir de l’argent permettent, malgré eux, de diffuser la connaissance qui au bout du compte fera réagir les hommes contre la destruction de la vie et d’eux-mêmes. Croire le contraire c’est croire que tout est absurde, alors que la vie a fait tant d’effort pour se diversifier et se répandre coûte que coûte ! Le croire même, c’est donner trop d’importance à l’étape humaine dans l’histoire de la vie ! Les hommes feront progresser la vie parce qu’ils font partie de son histoire !
Et c’est de cela que vous témoignez par ce site optimiste et actif ! Merci à vous.

Laissé par Good-News.fr » Archives » Voyage au pays de ceux qui pourraient changer le monde 1.3
le 6 juin 2006 à 8:50

[…] Pierre Rabhi, agriculteur-penseur dont nous vous avons déjà parlé sur Good-news, était candidat en 2002 pour porter le message de « l’insurrection des consciences ». Il ne se représentera pas en 2007 mais il continue de donner des conférences enchantantes un peu partout en France. Prochaines dates : […]

// Déposer un commentaire