// radeau des cimes

21.04.2006 // auteur : Léna // inventer un nouveau monde

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Au-dessus de la jungle, le paradis

Voici un radeau qui flotte sur un océan vert, à 40 mètres de hauteur. Transporté par un dirigeable de 7500 m3, il pose ses 600 m2 de filets et pontons pneumatiques sur la canopée, la très dense cime des arbres des forêts primaires.

Au gré des arbrissages, il permet d’observer les ¾ des insectes de la planète et une flore abondante et unique. Car la canopée est un incroyable réservoir de biodiversité. C’est en l’observant qu’en 1982, Terry Erwin a multiplié par 10 le nombre d’espèces animales et végétales estimé, passant de 3 à 30 millions…

Le radeau des cimes est un projet fou imaginé par Francis Hallé, professeur de botanique tropicale, Dany Cleyet-Marrel, « aéronaute aventurier » et Gilles Ebersolt, « architecte hors sol ». Depuis 20 ans, il permet d’explorer la canopée de forêts de Guyane, du Cameroun, du Gabon, de Madagascar et de Panama, et de mener des recherches dans 25 disciplines, aussi variées que la climatologie, l’entomologie (étude des insectes), la génétique, l’arômatologie ou encore la virologie.

L’équipe du radeau des cimes milite pour enrayer la destruction des forêts primaires, au rythme de 20 hectares par minute. Elle propose notamment d’abandonner l’exploitation du bois (transférée sur des plantations) au profit de la valorisation des multiples ressources biochimiques de la canopée, utiles dans de nombreux secteurs, de la médecine à la parfumerie.

Un instrument à la fois scientifique et poétique

70750recadre2.jpgLe radeau des cimes est un instrument au service de la science. Un instrument pratique, permettant de se déplacer aisément sur la canopée. Un instrument offrant une perspective unique : arriver par le ciel et non par la terre. Un instrument écologique, permettant d’étudier la biodiversité sans la détruire.

Mais le radeau des cimes est aussi l’instrument d’un rêve, ou plutôt de 3 rêves. Les rêves d’un botaniste pressentant une flore extraordinaire, d’un aéronaute l’aidant à accéder à la canopée, et d’un architecte qui, par le plus heureux hasard, avait déjà imaginé le radeau des cimes. Et si autant de chercheurs y ont trouvé leur bonheur depuis sa création, c’est peut-être aussi pour l’aventure hors du commun de passer plusieurs jours entre ciel et terre. Que cela donne du courage aux rêveurs, souvent taxés d’utopistes. Les rêves peuvent se réaliser, surtout quand ils se rencontrent. En plus, ils permettront à d’autres de rêver à leur tour…

Chacun sa canopée

couvradeaudescimes.jpgRetrouvez le récit de l’aventure du radeau des cimes et de la vie au jour le jour sur la canopée dans : Le radeau des cimes, de Francis Hallé, Dany Cleyet-Marrel et Gilles Ebersolt, aux éditions JC Lattès

couvcanopee.jpgHeureux hasard du calendrier, le n°4 du magazine Canopée, édité par Natures et Découvertes (seulement) une fois par an, est sorti le mois dernier. Résolument enthousiaste, Canopée explore ce territoire inconnu qu’est le monde du côté positif. Ce n’est donc pas un hasard si vous y lirez des sujets que nous affectionnons tout particulièrement (et que nous avons aussi en stock), comme ceux sur l’éco-design (ah ! les lignes du body raft de David Trubridge !) ou sur l’architecte qui construit en carton, Shigeru Ban.

Photos : (c) Laurent Pyot / Océan Vert

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1 commentaire :

Laissé par Matthieu
le 21 avril 2006 à 12:20

C’est une belle hisoire, et un vrai beau sujet qui m’a émerveillé. C’est en quelque sorte une cabane volante qui permet, s’il n’y a pas de vent, de se déplacer en douceur d’arbre en arbre, de cime en cime. Vraiment génial, comme un oiseau lent et doux.

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