// musée du quai branly

4.09.2006 // auteur : Léna // sortir

 

museequaibranly300.jpgMon petit mari m’a invitée la semaine dernière au musée des arts premiers, quai Branly. Dire que j’ai aimé serait en dessous de la réalité : je suis conquise. Comme une antre couvant ses trésors, il révèle peu à peu ses richesses, au cours de sa visite et bien après, laissant des flashs de couleurs et d’émotions.

L’antre et ses trésors sont indissociables, mais la première chose qui frappe est le bâtiment principal. Au début, mal habitué, on est surpris. Pourquoi cette courbure ? Pourquoi ces boîtes qui sortent ? Puis, peu à peu, l’architecture imaginée par Jean Nouvel devient évidente, de plus en plus cohérente. Epousant son environnement, le bâtiment a pris la courbure de la Seine, qu’il longe. Veillant sur ses trésors, il offre, avec ses boîtes-cavernes, des occasions d’entrer dans leur intimité.

mascottequaibranly.jpgLa découverte des œuvres suit aussi ce cheminement initiatique. Au départ, on est un peu perdu, dans un espace qui n’oblige à aucun cheminement préétabli, entouré d’oeuvres dont on ne lit que difficilement les descriptifs. C’est alors qu’un miracle se produit : les œuvres parlent d’elles-mêmes. Complétées de films, de bandes sons et d’effets de lumière, elles révèlent toute leur force et, très longtemps après, dansent encore dans votre tête au rythme des chants tribaux. Moi, ce qu’elles m’ont dit, c’est que tous ces peuples primitifs ont quelque chose en commun : une conscience aigüe de leur place dans le monde. Chaque objet symbolise cette conscience, fait le lien entre l’homme et son environnement.

Prenez les costumes d’Asie : ce ne sont pas que des apparats. Derrière les heures de travail appliqué qu’ils ont nécessité, il y a une intention, une signification. Ne pouvant m’empêcher de faire le parallèle avec notre consommation effrénée de vêtements, tout à coup, je me sens mal. Heureusement, une statue me souffle la réponse : « la solution, jeune dame, n’est pas de t’habiller comme eux, ça n’aurait aucun sens. La solution est de retrouver une certaine primitivité dans ta culture, arrêter de te penser toute-puissante face au monde, accepter ta place ». Depuis, je médite ces paroles…

Vous l’aurez compris, je vous encourage tous à aller au musée des arts premiers. Le site internet n’est, à mon avis, pas à la hauteur, alors A-LLEZ-Y. Mieux encore : perdez-vous y : c’est là que vous trouverez l’esprit des lieux. Tant de cultures et de savoirs rassemblés en un seul lieu, c’est forcément un peu magique, non ?

Photo 1 : (c) Hamburger Morgen Post

Photo 2 : (c) Musée du Quai Branly

 

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14 commentaires :

Laissé par Telap
le 5 septembre 2006 à 14:41

Hsitoire de fâcher, voilà un chantier qui n’avait rien fait pour réduire ses consommations en énergie (malgré l’”image” donnée par le mur végétal). Mais cela n’enlève rien à la ré-incarnation que provoquent ces oeuvres essentielles.

Laissé par Léna
le 5 septembre 2006 à 14:53

Voilà qui est bien dommage, en effet. Tu parles de la consommation énergétique sur le chantier ou celle du bâtiment une fois construit ?

Laissé par Telap
le 5 septembre 2006 à 15:52

Ho je pense que tout est à jeter sur ce point, mais les infos que j’ai sont sur le chantier… Ceci dit ça ne fait pas exception, les chantiers en particulier et le BTP en général sont surement le domaine d’activité le plus gravement atteint par la “flemme de faire mieux” énergetiquement parlant.

Laissé par Joseph
le 5 septembre 2006 à 16:13

J’irais le visiter quand je passerais par Paris.

C’est une question intéressante de trouver une primitivité dans sa culture. Découvrir et comprendre d’autres cultures et leur rapport à la société et l’humain et à la nature peut être une bonne démarche.

J’avais suivi il y a quelques années les cours du professeur Descola sur l’antropologie de la nature. Pas simple à suivre mais un mode pensé très stimulant.

http://joseph.zlio.com/-p1061766-Par-dela-nature-et-culture.html

Laissé par Léna
le 5 septembre 2006 à 23:58

Telap > C’est vrai, le BTP est l’une des activités les plus polluantes (il est responsable, de mémoire, de 25% des émissions de gaz à effet de serre), mais c’est aussi l’un des secteurs qui propose le plus de solutions, regroupées dans les bâtiments à énergie positive (= suffisamment bien conçus, isolés et équipés pour être auto-suffisant en énergie passive (solaire, géothermie…), voire produire un surplus). C’est sûr, la France n’est pas le pays le plus en avance, loin derrière l’Allemagne ou la Suisse. Il ne nous reste plus qu’à rattraper notre retard, grâce notamment à nos architectes de talent !!

Joseph > Merci pour l’info. Le livre est-il abordable (j’hésite, vu le prix) ?

Laissé par geoffrey
le 6 septembre 2006 à 11:47

Attention, le taux de renouvellement des bâtiments est très faible. En clair, par rapport au parc existant on construit relativement peu et surtout on ne rase quasiment rien. Donc, le batiment à énergie positive, c’est très loin d’être suffisant, puique ça ne vaut que pour le neuf. C’est bien, mais ça ne réduira pas assez les émissions GES du batiment. Les efforts sur la rénovation de l’existant et sur les équipements sont bien plus efficaces.Pour info,nous avons pas mal de choses à Futuribles sur ces sujets (et en fait sur beaucoup de ceux traités ici!), dont un article sur le batiment à énergie positive dans le numéro de janvier 2005 (n°304) par MAUGARD Alain, VISIER Jean-Christophe et QUÉNARD Daniel. Et comme quoi une note sur une visite de Musée mène à tout !

Laissé par Telap
le 6 septembre 2006 à 16:47

> geoffrey : Le taux de renouvellement des bâtiments rend effectivement nos efforts vains, et les réalisations “passives” ou à “énergie positive” sont surtout de belles vitrines.
Mais la phase chantier d’un projet consomme une energie folle (à plus forte raison si on compte la production des matériaux et leur transport, choses sur lesquelles l’architecte et les entreprises peuvent avoir une réelle prise), et là un effort colossal est à produire. Mais l’image prévaut, et ces considérations ne sont que très peu prises en compte dans les réglements. Et dans un secteur aussi soumis aux lois de l’argent, ça ne passe (presque) que par le reglementaire… (cf RT2005 toute récente, ou les labels HQE)
(déjà éviter le red cedar et les bois exotiques, par pitié)

Laissé par geoffrey
le 6 septembre 2006 à 18:17

je reconnais que je ne m’étais pas spécifiquement interrogé sur la consommation d’énergie particulière d’un chantier BTP. Merci d’avoir ouvert cette porte !

Laissé par JOUJOU DE PARIS
le 11 septembre 2006 à 18:18

J’ai rarement vu quelque chose d’aussi réussi. Une vrai révélation pour moi qui fait des bijoux. Ce lieu est une source d’inspiration unique…

Laissé par Matthieu Picano
le 11 septembre 2006 à 21:53

“Heureusement, une statue me souffle la réponse : « la solution, jeune dame, n’est pas de t’habiller comme eux, ça n’aurait aucun sens. La solution est de retrouver une certaine primitivité dans ta culture, arrêter de te penser toute-puissante face au monde, accepter ta place ». Depuis, je médite ces paroles…”

-> Est-il possible de nous en dire plus, Léna, sur ce point-là? Qu’entends-tu par retouver une certaine primitivité dans ta culture, et quel rapport avec la façon de s’habiller?

Laissé par Jean-Louis
le 12 septembre 2006 à 9:25

Le bâtiment et le chantier sont classés HQE (Haute Qualité Environnementale) d’apres le site web du Moniteur. Ce qui signifie que le musée a pris soin de ne pas utiliser de bois d’especes protégés, que les dechets ont été retraité, que les nuisances sonores sont plafonnées…

Laissé par Telap
le 12 septembre 2006 à 10:08

Le musée a le label HQE, et c’est déjà ça, c’est vrai, mais on peut sur les 14 critères du HQE n’en appliquer que trois ou quatre et avoir le label. Et parmis ces critères, on voir plus de “s’assurer du confort accoustique des usagers” que de “réduire le coùt écologique du chantier”. Il est de toutes façons interdit d’utiliser du bois d’espèces protégées, et tous les chantiers parisiens se doivent normalement de retraiter leurs déchets (comme dans la plupart des grandes villes), … le HQE est un label “grand public” qui, pour avoir fait plusieurs projets avec, ne change presque rien sur le chantier.
La RT2005 (Reglementation Thermique) qui est applicable depuis le 1er septembre est en revanche beaucoup plus stricte, et obligatoire dans tous les cas.
http://www.logement.gouv.fr/article.php3?id_article=5789
C’est sur le confort thermique et pas sur le chantier, mais l’interdiction de tout pont thermique par exemple nous incite à isoler par l’extérieur et donc à ne plus utiliser d’enduit monocouche (qui sont presque ce qui se fait de pire…)

Laissé par Modus
le 15 septembre 2006 à 18:09

Après avoir écouté la parole des œuvres exposées, une surprise vous attend si vous y retournez le soir. Le jardin s’illumine d’une façon étrange. Les « tuyaux » translucides le jour brillent en vert et bleu la nuit. C’est surprenant, féerique ! (Ouverture nocturne le jeudi jusqu’à 21h30).

Laissé par Élodie
le 28 avril 2007 à 20:09

Le musée du Quai Branly n’a malheureusement rien de novateur, si ce n’est son architecture. Il existait déjà un tel musée “sur les arts premiers”, à savoir celui de la Porte Dorée. Et les collections supplémentaires ont été prises au Musée de l’Homme. Beau petit pillage, pour un musée créer seulement pour s’appeler après “musée Chirac” (je tiens à préciser que je n’ai rien contre lui personellement).

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